LANGEAIS : Un lieu historique C'est en 1491 que se situe l'événement majeur de l'histoire de Langeais. Dans ce château, inachevé, eut lieu la célébration du mariage de Charles VIII et de la duchesse Anne de Bretagne. Cette cérémonie discrète, à l'aube du 6 décembre 1491, devait conduire à la réunion de la Bretagne au royaume de France. La scène du mariage a été reconstituée avec des mannequins de cire et est exposée dans la chapelle du château. Du donjon de bois à la forteresse médiévale Donjon construit vers l'an mille et transformé aux XIe et XIIe siècles. © Au cœur de la Touraine, le château de Langeais est une des dernières forteresses construites par le pouvoir royal. Belle demeure seigneuriale du XVe siècle, elle fut bâtie de 1465 à 1467 par Bourré pour Louis XI. Langeais est cependant mentionné dans les textes bien avant cette construction. En effet, aux alentours de l'an mille, le puissant comte d'Anjou, Foulques Nerra, fonde le castrum de Langeais face à Tours, la plus importante ville de la région. Subsistent aujourd'hui, dominant les jardins, les vestiges du plus ancien donjon de pierre en France, « le donjon de Foulques Nerra ». Une architecture militaire… Pont-levis en état de marche. © Durant des siècles, le donjon de Langeais n'a cessé d'être une forteresse. L'édifice, tel qu'il se présente à nous, est l'œuvre de Louis XI. Le château a été construit rapidement, semble-t-il, et présente, de ce fait, une grande homogénéité. Son aspect extérieur sévère rappelle la fonction de forteresse et offre l'image typique du château fort traditionnel, avec l'apparence d'un site défensif. Seuls les côtés sud et est de la construction du quadrilatère prévu ont été bâtis : un grand corps de logis, à côté d'un important pavillon d'entrée, et, en retour d'équerre, une aile d'aspect assez semblable. L'ensemble de ces façades est surmonté de hauts toits en ardoises que l'on aperçoit de loin. Pont-levis en état de marche, tours imposantes, courtines, chemin de ronde couvert et mâchicoulis figuraient un bon dispositif défensif contre les assauts. Ces éléments font de Langeais un des exemples les plus significatifs de l'architecture du XVe siècle. …ornée d'une façade Renaissance Sur ses façades intérieures, Langeais témoigne de quelques concessions à la Renaissance. Les élévations de la cour, d'une grande austérité, sont cependant percées de nombreuses fenêtres à meneaux disposées par travées couronnées, et, aux niveaux des toitures, de hautes lucarnes terminées par un gâble orné de crochets, typique de l'exubérance décorative de l'époque flamboyante. Ce sont, avec les arcs en accolade surmontant les portes d'entrée du château et quelques beaux exemples de heurtoirs en fer forgé sur les portes, les concessions faites à la décoration extérieure. Aucune frise sculptée, aucun bandeau mouluré ne viennent rompre la sobriété des murs. Le décor d'une grande demeure seigneuriale La salle des gardes. © Intérieurement, le château présente les dispositions classiques d'une grande demeure de la fin du Moyen Âge dont les salles et les chambres sont ornées de grandes cheminées et de tapisseries exceptionnelles. Certaines cheminées sont remarquables par leur décor finement sculpté, comme celle de la salle des gardes qui représente une forteresse à quatre tours, avec, sur le chemin de ronde sur mâchicoulis, l'alternance de merlons et de créneaux où apparaissent les têtes des gardes au milieu d'un décor de feuilles de chêne, pampres, arcatures flamboyantes et corniches de choux frisés. Au dernier étage du château, une superbe charpente en carène donne son volume impressionnant à la salle haute transformée en chapelle. La volonté d'un homme : Jacques Siegfried Chambre des aristoloches. © Le décor originel et l'ameublement ont été reconstitués à la fin du XIXe siècle par Jacques Siegfried, le dernier propriétaire, homme d'affaires et amateur d'art éclairé. Il souhaitait redonner à ce château le décor de la demeure princière telle qu'au temps du mariage de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. Tapisseries, meubles, tableaux, sculptures, boiseries, étoffes... tous les objets les plus significatifs du milieu aristocratique flamboyant du XVe siècle, présents sur le marché de l'art d'alors, ont été systématiquement achetés pendant vingt ans. Ils constituent aujourd'hui un ensemble exceptionnel des XVe et XVIe siècles, tout en donnant au château son caractère accueillant et vivant. De remarquables tapisseries des Flandres et d'Aubusson des XVe et XVIe siècles À côté du naturalisme végétal des tapisseries dites « millefleurs », d'autres grands thèmes en vogue au Moyen Âge sont représentés : la chevalerie, l'histoire sainte, des scènes de chasse, la nature et de nombreuses allégories : - Série des Neuf Preux : suite prestigieuse de sept tentures qui illustre un thème iconographique très en vogue au XVIe siècle. Ces preux, ou héros, Arthur, suite des Neuf Preux à cheval. © Hommage du pied, suite de la Chasse au cerf XVe siècle, Flandres. © appartiennent à la Bible (Josué, David), à l'antiquité gréco-romaine (Hector, Alexandre, César) et à la chrétienté (Arthur, Godefroy de Bouillon). Sur un sol fleuri, les preux sont figurés sous les traits de cavaliers farouches accompagnés de deux soldats. Ces panneaux ont été réalisés entre 1525 et 1540 et tissés en basse lisse (salle du Mariage). - Tapisserie millefleurs aux armes de Jacqueline de Luxembourg, veuve de Philippe de Croy, comte de Charolais, premier chambellan de Charles le Téméraire. Le centre de la tapisserie est orné, dans une couronne d'épines blanches, d'un écu portant les armes des Croy, fin du XVe siècle (chambre bleue). - Tenture de la Chasse au cerf, constituée de plusieurs panneaux de la fin du XVe siècle (salle des gardes). - Tapisserie aux aristoloches, (plantes grimpantes à larges feuilles), longue d'environ 6,60m et présentant un décor d'oiseaux (chambre des aristoloches). Jardin médiéval et broderie Renaissance En sortant du château, à l'ouest sur un promontoire, s'étendent un vaste parc et un bois. Les jardins, créés sur la terrasse, furent modifiés à plusieurs reprises : au début du siècle, par Jacques Siegfried, qui chargea Henri Duchesne d'établir les plans d'un jardin d'agrément, puis, en 1961, par Henri Hautecœur, membre de l'Institut (Académie des beaux-arts), qui proposa une reconstitution d'un jardin médiéval. Son dessein était de s'inspirer des enluminures du Livre d'Heures d'Anne de Bretagne qui représente le jardin de la reine à Amboise. La cour est aujourd'hui fermée par un fossé peu profond et se termine au sud par une terrasse, d'où le visiteur peut admirer une des plus belles vues qui soient de la Loire. D'importants travaux de restauration Entendant préserver l'œuvre de Jacques Siegfried, l'Institut poursuit d'importants travaux de restauration et d'embellissement. L'ensemble du pont-levis et de l'escalier monumental latéral a été réhabilité en 1994. Après la réfection du donjon, effectuée en 1995, l'aménagement des jardins et du parc est prévu, de même que la restauration des tapisseries.
Revenir au diaporama